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AFRIQUE : Capoop lance une plateforme en ligne sur l’eau et l’assainissement

L’alliance Communications, plaidoyer et opportunités politiques et de sensibilisation pour le caca (Capoop) vient de lancer une plateforme en ligne qui permettra la collaboration entre les acteurs du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène en Afrique.
Comment faciliter la collaboration entre les membres de l’alliance Communications, plaidoyer et opportunités politiques et de sensibilisation pour le caca (Capoop). C’est l’une des questions auxquelles répond la récente initiative de cette alliance dont le siège se trouve à Dakar au Sénégal. La nouvelle plateforme qui vient de voir le jour permettra aux membres et aux partenaires de partager les ressources et les meilleures pratiques, de consolider les connaissances et de présenter les solutions innovantes pour améliorer l’assainissement sur le continent africain.


Selon la Capoop, la nouvelle plateforme fournira une série d’outils et de ressources sur mesure et conviviale pour catalyser le travail des principaux professionnels de l’assainissement travaillant notamment sur la gestion des boues fécales et l’assainissement sans égouts en Afrique.
Répondre aux besoins de l’Afrique en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène
« L’amélioration de l’accès à un meilleur assainissement et à une meilleure hygiène sur tout le continent est l’un des plus grands défis de l’Afrique, mais nous savons que nous sommes plus forts lorsque nous travaillons ensemble. Grâce à cette nouvelle plateforme en ligne, nous pourrons partager nos connaissances et notre expertise, ce qui permettra aux membres du Capoop de mieux comprendre les défis et les opportunités que nous avons pour améliorer l’assainissement sur le continent », explique Yacine Djibo, le fondateur et le directeur exécutif de Speak Up Africa, une plateforme dédiée au développement durable en Afrique et un membre de l’alliance Capoop.
L’idée d’une plateforme en ligne pour le partage des connaissances et l’expertise en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène entre experts en Afrique, s’inscrit dans le cadre des objectifs de la Capoop. L’alliance vise à assurer l’accès à un assainissement et à une hygiène adéquats et équitables pour tous, et à mettre fin à la défécation en plein air d’ici à 2030.
Pour le moment, une personne sur trois vit sans installations sanitaires en Afrique. Selon l’alliance Capoop, jusqu’à 75 % de la population ouest-africaine éprouve ce besoin. Pour ce qui est de l’accès à l’eau potable, l’Organisation des Nations unies (ONU) indique dans son dernier rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau que 2 milliards de personnes n’ont pas une source d’approvisionnement en eau sûre dans le monde. À en croire l’organisation, la moitié de ces personnes se trouve sur le continent africain.
Jean Marie Takoule



2-KENYA : le gouvernement interdit le plastique dans ses réserves forestières

Par Jean Marie Takouleu - Publié le 15 juin 2020 / Modifié le 15 juin 2020
 
Au Kenya, les autorités viennent d’interdire le plastique à usage unique dans ses réserves forestières. La décision vise à limiter la pollution des réserves par les déchets plastiques qui affecte la biodiversité. Les contrevenants aux nouvelles règles seront passibles d’une peine de prison ou d’une lourde amende.
Les autorités kenyanes vont plus loin dans l’application de la loi de 2016 interdisant le déversement des déchets dans les forêts. Le Service forestier du Kenya (KFS) interdit désormais le plastique à usage unique dans les réserves forestières du pays. La décision est entrée en vigueur le 5 juin 2020. L’interdiction concerne les produits comme les bouteilles d’eau en plastique jetables, les couverts jetables, les sacs en plastique non tissé, les bâtonnets de coton-tige en plastique, les confiseries et les emballages de collations, les articles sanitaires jetables, les lingettes humides, les articles de toilette à usage unique emballés dans du plastique, etc.
« L’objectif général est d’éviter la pollution par les plastiques dans toutes les réserves forestières en éduquant les parties prenantes, en promouvant des alternatives appropriées aux plastiques à usage unique, en sensibilisant le public aux lois en vigueur ainsi qu’en appliquant ces lois », explique le KFS.
L’organisme public indique par ailleurs que la décision sera particulièrement appliquée dans les installations d’hébergement, les sentiers dans les forêts, les aires de pique-nique, les plateformes dans les arbres, les trottoirs de bois, les promenades dans la canopée, les visites guidées, les activités d’aventure, les sites de carrières, les sites de construction et les sites d’installation dans les réserves forestières.
La sanction pour les contrevenants à la nouvelle règle
Selon le KFS l’interdiction du plastique à usage unique couvre l’ensemble de ses réserves forestières qui ont une superficie totale de 2,59 millions d’hectares. La même réglementation sera appliquée dans les 1,7 million d’hectares de forêts gérés par les comtés. Le KFS a indiqué que l’interdiction du plastique sera accompagnée de programmes de sensibilisations pour les usagers des réserves forestières.
La sensibilisation concernera également les communautés vivant à proximité des réserves forestières. Le KFS prévoit aussi des sanctions contre les contrevenants à ces nouvelles règles. Ainsi, toute personne reconnue coupable de pollution par les plastiques à usage unique risque une peine comprise entre 3 et 10 ans de prison. Elle pourrait également payer une amende de 3 millions de shillings kenyans (près de 30 000 dollars).
L’interdiction du plastique à usage unique dans les réserves forestières kenyanes entre en vigueur au moment où le gouvernement central prépare une nouvelle loi sur la valorisation des déchets dans le pays. Le gouvernement compte imposer le tri à la source pour faciliter la valorisation des déchets. Si la nouvelle loi est adoptée, la gestion des déchets serait désormais l’apanage des comtés.
Jean Marie Takouleu







3-SÉNÉGAL : l’AFD finance le projet de dépollution de la baie de Hann près de Dakar

Par Jean Marie Takouleu - Publié le 15 juin 2020 / Modifié le 15 juin 2020
 
L’Agence française de développement (AFD) vient de signer des accords de financement de plusieurs projets au Sénégal, dont celui de la dépollution de la baie de Hann située à l’est de Dakar. La réalisation des travaux relatifs à ce projet d’assainissement a été confiée à Ludwig Pfeiffer, une entreprise basée à Kassel en Allemagne.
Réaliser un plan de gestion environnemental et social (PGES). C’est l’une des conditions posées par les bailleurs de fonds pour la mise en œuvre du projet de dépollution de la baie de Hann situé à l’est de Dakar, la capitale du Sénégal. Le gouvernement de ce pays d’Afrique de l’Ouest dispose de fonds pour l’aider à tenir une partie de ses engagements vis-à-vis des bailleurs de fonds, notamment le volet « accompagnement social pour les personnes affectées par le projet. »
Il s’agit de 853 millions de francs CFA (plus de 1,3 million d’euros) prêtés par l’Agence française de développement (AFD). La convention de financement du projet de dépollution de la baie de Hann a été signée récemment entre l’institution financière française et les autorités sénégalaises.
Des travaux réalisés par l’entreprise Ludwig Pfeiffer
Le projet de dépollution de la baie de Hann est également soutenu par l’Union européenne (UE). Son financement sera injecté via l’AFD, conformément à un accord de délégation de fonds signé en décembre 2019. L’Agence néerlandaise pour les entreprises (RVO) finance également ce projet d’assainissement près de Dakar.
L’ensemble de ces bailleurs de fonds se sont mis d’accord avec l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) pour le choix de Ludwig Pfeiffer pour la réalisation du projet. Selon l’entreprise basée à Kassel en Allemagne, « l’objectif du projet est non seulement de protéger l’environnement, mais aussi d’améliorer le niveau de vie de la population en améliorant la collecte et le traitement des eaux usées ».
Concrètement, les travaux porteront sur la construction d’un intercepteur d’eaux usées long de 13 km. Cette canalisation permettra l’acheminement des effluents dans une station d’épuration qui sera capable d’effectuer un traitement primaire de 25 000 m3 d’eaux usées par jour. L’eau traitée suivra ensuite un émissaire en mer sur 3 km.
Jean Marie Takouleu

4-BÉNIN : des abreuvoirs automatiques alimentés au solaire seront construits à Savalou

Par Inès Magoum - Publié le 16 juin 2020 / Modifié le 16 juin 2020
 
Plusieurs abreuvoirs seront bientôt construits pour des cheptels bovins autour des retenues d’eau d’Awiankanmè et de Danmè, deux localités enclavées de la commune de Savalou au Bénin. L’objectif est la sédentarisation de ces animaux pendant la sécheresse, tout en leur permettant de s’abreuver à bonne source.
Permettre aux bovins d’Awiankanmè et de Danmè, deux villages de la commune de Savalou au Bénin, de disposer de l’eau en toute saison. C’est l’un des objectifs du projet de construction des abreuvoirs qui sera bientôt mis en œuvre dans ces localités. Le projet permettra également de sédentariser les cheptels bovins pendant la sécheresse afin d’éviter que les animaux ne détruisent les cultures.
Les installations seront automatisées et alimentées à l’énergie solaire. Celles-ci seront réalisées autour des deux retenues d’eau d’Awiankanmè et de Danmè construites en 2019. Elles ont des capacités qui varient entre 20 000 et 30 000 m3.
La réalisation des abreuvoirs solaires s’inscrit dans le cadre du « Projet moyens de subsistances durables » (PMSD) lancé en 2018. Le projet vise à soutenir une agriculture résiliente, à mettre en place des moyens de subsistance durables et à intégrer les considérations relatives aux risques climatiques dans les processus de planification à l’échelle nationale et infranationale afin de réduire la vulnérabilité des communautés face aux effets néfastes du changement climatique. Le PMSD intervient dans neuf villages répartis sur cinq communes du Bénin. Il s’agit de Kpakpalaré et de Kadolassi dans la commune d’Ouaké, d’Awiankanmè et de Danmè dans la commune de Savoulou, d’Agbodji et de Sèhomi dans la commune de Bopa, de Sodohomè dans la commune de Bohicon, de Kotan et de Damè-Kpossou dans la commune d’Avrankou.
Le PMSD est exécuté par le Centre de partenariat et d’expertise pour le développement durable (Ceped) au Bénin, avec comme partenaires techniques et financiers, le Fonds pour l’environnement mondial (Fem) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Le projet a déjà permis la réalisation plusieurs infrastructures intelligentes dans le pays. Celles-ci permettent de soulager les populations et de maintenir leurs revenus à un niveau acceptable. Au Bénin, l’agriculture occupe près de 70 % de la population. Cependant, les changements climatiques impactent négativement ce secteur avec la rareté des pluies, la sécheresse et la baisse des rendements.
Les sites maraîchers et les retenues d’eau
La mise en place des sites maraîchers et des retenues fait aujourd’hui le bonheur des populations de certaines localités du Bénin, dont celles d’Awiankanmè et de Danmè. « Ici à Awiankanmè, nous faisions face à une pénurie accrue d’eau. À travers le projet PMSD, la retenue d’eau a été installée dans notre village. Un périmètre de 2 hectares a également été aménagé. Nous louons énormément cette initiative. En plus de cette infrastructure, nous bénéficierons des formations dans le domaine du maraîchage », se réjouit Roger Ahossi, le secrétaire général de la Mairie de Savalou.

5-COTE D’IVOIRE : le pays devient membre du « WGBC », pour des constructions vertes

 
La Côte d’Ivoire devient le 9e pays africain membre du Conseil mondial du bâtiment durable (en anglais, World Green Building Council, WGBC). Par cette adhésion, le pays d’Afrique de l’Ouest s’engage dans la promotion des infrastructures écologiques. Cette mission sera accomplie par la Côte d’Ivoire Green Market and Building Council (Côte d’Ivoire GMBC), lancée le 6 juin 2020, par un collectif d’entreprises de BTP.
La Côte d’Ivoire s’engage pleinement dans la voie des constructions respectueuses de l’environnement. Le pays d’Afrique de l’Ouest dispose désormais d’une association faisant figure de point-focal du Conseil mondial du bâtiment durable (en anglais, World Green Building Council, WGBC). Il s’agit de la Côte d’Ivoire Green Market and Building Council (Côte d’Ivoire GMBC), créée le 6 juin 2020 à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire.
La jeune association composée de dix membres déjà actifs dans le développement durable en Côte d’Ivoire, a pour mission de promouvoir auprès du public ivoirien, des réalisations conformes au concept de développement durable. « Nos activités reposeront sur trois stratégies, à savoir, le reboisement des forêts, l’agriculture de précision et les certifications Edge », a déclaré Isaac Sy, le président de Côte d’Ivoire GMBC.
L’agriculture de précision dont il est question de mettre en avant ici, n’est en effet pas loin de l’agriculture résiliente. Car elle repose sur un principe de gestion des parcelles agricoles qui vise l’optimisation des rendements et des investissements, en cherchant à mieux tenir compte des variabilités climatiques des milieux. Alors que la certification Edge, pour sa part, est un processus d’évaluation de la conformité des entreprises en matière d’égalité de rémunération, de recrutement, de promotion, de formation et de mentorat en développement du leadership.
Le World Green Building Council
La Côte d’Ivoire GMBC a été créée en marge de la célébration de l’édition 2020 de la journée mondiale de l’environnement en Côte d’Ivoire. À travers cette association, le pays devient le 9e membre africain du WGBC.
Le WGBC est un réseau mondial de professionnels du bâtiment qui prônent des constructions saines et durables. Dans la mesure où 39 % des émissions de CO2 sont liées aux bâtiments et la construction, l’objectif du réseau est d’atteindre le seuil de zéro émission nette d’ici 2050, dans tous les bâtiments.
Boris Ngounou

6-Afrique : Au Sahel, la faim n'attend pas, les bailleurs doivent s'engager
5 ONG alertent sur le report de la conférence des bailleurs sur le Sahel initialement prévue le 18 juin, alors que la situation dramatique dans la région n’a jamais été aussi inquiétante. Avec l’impact de Covid-19 et le début de la période de soudure, une « pandémie de la faim » vient désormais menacer une région déjà fortement éprouvée par de multiples crises, où 24 millions de personnes (y compris des enfants), un nombre sans précédent, ont déjà besoin d’une aide humanitaire urgente. Alors que les violences se poursuivent, les financements humanitaires tardent à arriver. Lire la suite
5 ONG alertent sur le report de la conférence des bailleurs sur le Sahel initialement prévue le 18 juin, alors que la situation dramatique dans la région n’a jamais été aussi inquiétante. Avec l’impact de Covid-19 et le début de la période de soudure, une « pandémie de la faim » vient désormais menacer une région déjà fortement éprouvée par de multiples crises, où 24 millions de personnes (y compris des enfants), un nombre sans précédent, ont déjà besoin d’une aide humanitaire urgente.
Alors que les violences se poursuivent, les financements humanitaires tardent à arriver.
Action contre la Faim (ACF), CARE International, Norwegian Refugee Council (NRC), OXFAM et Save the Children alertent sur le report de la conférence des bailleurs sur le Sahel. Alors que les violences et massacres se poursuivent et contraignent toujours plus de personnes à fuir leurs foyers, les besoins humanitaires explosent et les financements eux tardent à arriver. À la moitié de l’année 2020, les plans de réponse humanitaire du Sahel restent financés seulement à hauteur de 26% ou moins. Déjà en 2019, seule la moitié des financements nécessaires avaient pu être mobilisés.
« Face à l’urgence de la situation au Sahel et alors que la soudure de juillet à août va aggraver encore la situation pour des millions de personnes, le report de la conférence des bailleurs est un coup de plus qui risque d’être fatal pour des millions de sahéliens. La faim elle, n’attend pas. La communauté internationale ne peut pas abandonner le Sahel au moment où les populations ont le plus besoin d’aide, nous sommes à un point de rupture », interpellent les organisations humanitaires.
L’arrivée du Coronavirus n’a fait qu’aggraver la crise humanitaire et alimentaire.
L’arrivée du Covid-19 n’a fait qu’aggraver la crise humanitaire et alimentaire. Au Sahel Central, 5,5 millions devraient souffrir d'insécurité alimentaire pendant la période de soudure, soit 2,5 fois plus que la moyenne des cinq dernières années. Les mesures prises par les pays pour ralentir la pandémie ont permis d’éviter, pour l’heure, les scénarios catastrophes annoncés au début de la pandémie Covid-19. Cependant, elles ont aussi fragilisé les ménages, et en premier lieu, les plus précaires.
À Kaya, au Burkina Faso, des personnes déplacées internes ont manifesté en avril dernier devant la mairie pour appeler à l’aide. La situation est d’autant plus dramatique pour les femmes, qui se privent de manger pour sauver leurs enfants, dont l’état nutritionnel pourrait rapidement se dégrader.
« Le coronavirus est venu et a tout changé dans ma vie », rapporte Ali, 15 ans, dans la région de Maradi au Niger. « Avant, j’arrivais à manger au moins trois fois par jour, aujourd’hui c’est à peine que je peux avoir à manger deux fois par jour. Mon père ne sort plus beaucoup pour chercher de l’argent comme avant. »
« La pandémie de Covid-19 a ajouté une pression supplémentaire sur une situation déjà intenable. La période de soudure a toujours été une période difficile pour les populations sahéliennes mais dans ce contexte explosif, c’est la saison de tous les dangers et l’arrivée des pluies va augmenter les cas de paludisme et de choléra. L’accès aux services essentiels à la santé, à l’eau, sont d’autant plus indispensables en contexte de maladie et de pandémie et aujourd’hui largement insuffisants », s’inquiètent les organisations humanitaires.
« Cette maladie nous fait peur, on nous dit qu’il faut de l’hygiène, alors qu’on n’a pas d’eau, on n’a pas à manger », s’inquiète Zara, femme déplacée à Kaya, avant d’ajouter : « Avec l’arrivée de la saison des pluies, nous aurons aussi bientôt besoin d’abri et de médicaments ».
2,8 milliards de dollars sont nécessaires au Sahel pour apporter une aide vitale à 24 millions de personnes.
« Face à la situation inédite que nous vivons plusieurs pays donateurs ont proclamé la nécessité d’être solidaire avec le continent africain pour soutenir les réponses en cours dans les différents pays. Force est de constater aujourd’hui que ce discours ne semble pas suivi d’effet. Les bailleurs humanitaires doivent urgemment au moins doubler leurs financements humanitaires pour le Sahel pour les deux mois à venir », concluent les organisations humanitaires.
La communauté internationale doit soutenir les efforts déjà engagés par les pays du Sahel en réponse aux multiples défis auxquels ils font face. En 2020, selon OCHA, 2,8 milliards de dollars sont nécessaires au Sahel pour apporter une aide vitale à 24 millions de personnes. À cela s’ajoute les 638 millions demandés pour la réponse à la pandémie de Covid-19.
Notes aux rédactions : la crise du Sahel en chiffres
•    Le nombre de victimes d’attaques de groupes armés a été multiplié par cinq en trois ans au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Plus de 4 .000 décès dus à cette violence ont été signalés en 2019 dans ces 3 pays, contre 770 décès en 2016 (source : UN).
•    En 2020, selon OCHA, 2,8 milliards de dollars sont nécessaires au Sahel pour apporter une aide vitale à 24 millions de personnes. Les plans de réponse humanitaires au Sahel sont financés en moyenne à 26%. Fin mars 2020 le plan de réponse du Burkina Faso n’était financé qu’à hauteur de 13%.
•    Sur 24 millions de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire, la moitié sont des enfants (OCHA).
•    Au Sahel, les personnes déplacées internes, refugies, ou refugies rapatriés sont plus de 2,5 millions (source : HCR). Au seul Burkina Faso, on dénombre 921 000 déplacés internes, soit 400 000 de plus qu’au début de cette année (source : CONASUR). Au Mali, 99 055 nouveaux déplacements ont été enregistrés depuis le début de l'année (source : RRM, Rapid Response Mechanism)
•    On estime que 5,5 millions de personnes devraient souffrir d'insécurité alimentaire dans le Sahel central (Niger, Mali, Burkina Faso) pendant la période de soudure, soit 2,5 fois plus que la moyenne des cinq dernières années. L'augmentation pour la période de soudure est la plus prononcée au Burkina Faso (+213%) et au Mali (+142%) (source : Analyses du Cadre Harmonisé, mars 2020). Les analyses montrent que la concentration de l'insécurité alimentaire se situe principalement dans la zone du Liptako Gourma. Ces chiffres ne tiennent pas compte de l’impact présumé de la covid19


7- En Afrique de l’est, l’agriculture au défi des sécheresses récurrentes
L’un des défis les plus pressants pour l’Afrique est de parvenir à satisfaire la demande alimentaire nouvelle qu’implique sa croissance démographique. En 2050, la population sur le continent sera en effet deux fois et demie plus nombreuse qu’aujourd’hui. Une évolution qui risque de confronter le développement agricole et les systèmes alimentaires des pays d’Afrique subsaharienne à des défis considérables. Lire la suite
 
Des membres de la communauté Turkana travaillent, le 1er octobre 2019, à débloquer un canal d’irrigation pour fournir de l’eau à leurs cultures de sorgho dans une zone aride et sèche du Kenya. Turkana est une vaste zone aride située au nord-ouest du pu pays, en première ligne du changement climatique. Luis Tato/AFP
L’un des défis les plus pressants pour l’Afrique est de parvenir à satisfaire la demande alimentaire nouvelle qu’implique sa croissance démographique. En 2050, la population sur le continent sera en effet deux fois et demie plus nombreuse qu’aujourd’hui. Une évolution qui risque de confronter le développement agricole et les systèmes alimentaires des pays d’Afrique subsaharienne à des défis considérables.
D’autant que le continent africain connaît en parallèle un déclin de la taille de ses exploitations. Un phénomène qui s’explique principalement par l’augmentation de la population agricole, les coutumes traditionnelles en matière d’héritage foncier et l’urbanisation rapide qui stimule la conversion des terres cultivées. À ces défis majeurs s’ajoute le changement climatique, qui pourrait encore compromettre les perspectives de sécurité alimentaire.
Les sécheresses représentent moins de 20 % de l’ensemble des catastrophes qui touchent le continent, mais provoquent 95 % des décès qui leur sont liés, et représentent plus de 80 % du nombre de personnes touchées par des événements climatiques extrêmes en Afrique. La situation est particulièrement préoccupante dans l’est qui a connu au cours des deux dernières décennies un certain nombre de sécheresses dramatiques aux répercussions importantes sur l’environnement et le bien-être socio-économique des populations de la région.
Les crises combinées du Covid-19, des variations climatiques et de l’invasion des criquets pèlerins exacerberont les effets négatifs sur l’approvisionnement alimentaire, les revenus et la sécurité alimentaire dans l’une des régions les plus pauvres du monde et déjà sujette à des épisodes climatiques extrêmes.
 Chèvre morte pendant la sécheresse en 2016 en Ethiopie. Vincent Defait/AFP
Le climat et les humains en cause
Du fait des variations climatiques et des activités anthropiques, la fréquence des sécheresses dans la région a doublé, passant d’une fois tous les 6 ans à une fois tous les 3 ans depuis 2005. Dans la chronologie historique des épisodes répertoriés en Afrique de l’Est, la plupart ont été enregistrés après les années 1980 – les années 1985, 2003 et 2010 en tête.
C’est un phénomène récurrent depuis des millénaires, qui se manifeste souvent sous la forme d’événements endémiques à la région. Pourtant, l’une des principales forces motrices de la sécheresse dans la région est la variabilité climatique intra-saisonnière et inter-annuelle du système climatique. La complexité et la variabilité du phénomène El Niño-oscillation australe (ENSO), les variations irrégulières des températures de la surface de l’eau (SST) et les rétroactions terre-atmosphère sont étroitement liées à l’apparition de la sécheresse dans la région.
Au-delà de l’influence de la variabilité climatique, l’action humaine sur l’environnement a également joué un important rôle dans la modification des phénomènes de sécheresse. Parmi les principaux facteurs, le changement d’utilisation des terres, la dégradation des terres, la déforestation, le brûlage et l’exploitation minière. La forte croissance démographique augmente la pression sur les ressources terrestres limitées et fragiles et conduit à une exploitation non durable des ressources, entraînant des dommages environnementaux.
En outre, les activités humaines telles que l’urbanisation des terres agricoles, la surexploitation des ressources en eau, ainsi que les investissements dans des projets de développement à grande envergure, ont un impact considérable sur les sécheresses. De nombreux travaux ont mentionné un lien entre les causes qui apparaissent du fait des changements climatiques et des activités anthropiques.



Ces criquets pèlerins qui menacent d’affamer l’Afrique de l’Est h
 
Les effets des sécheresses récurrentes
Estimée à 445 millions d’habitants en 2019, la population est africaine est principalement tributaire de l’agriculture pluviale et de l’élevage nomade, et donc fortement sensible aux précipitations. Les zones agricoles-clés, situées dans le nord-ouest du Sud-Soudan, le nord-est de l’Érythrée, est du Kenya, nord-est de la Tanzanie, sud de la Somalie, et du nord (Kaabong) et du sud-est (Kiruhura) de l’Ouganda, sont aussi les régions les plus sévèrement touchées par la sécheresse.
De façon inéluctable, ces épisodes répétés menacent dangereusement la sécurité alimentaire de la région : en Somalie, la sécheresse de 2010-2011 a provoqué autour de 260 000 décès et a été à l’origine d’une forte instabilité socio-économique dans le pays ainsi qu’au Kenya et en Éthiopie. À Djibouti, les épisodes survenus entre 2008 et 2011 ont par ailleurs entraîné une récession annuelle d’environ 3,9 % du PIB.
En générant une diminution des revenus des agriculteurs, les sécheresses constituent la principale cause de la famine, de l’augmentation des prix des denrées alimentaires, du chômage, des migrations et des conflits pastoralistes.
En temps de crise, ces chocs climatiques peuvent plonger les ménages vulnérables dans un cycle vicieux de pauvreté. Beaucoup se voient contraints à liquider des actifs productifs tels que le bétail ou la terre en échange de nourriture, ne peuvent plus rembourser leurs prêts, sont forcés à réduire la qualité et la quantité des aliments consommés et à retirer les enfants de l’école. Une spirale qui renforce à terme la transmission de la pauvreté.
L’intensité, la fréquence et la durée accrues des sécheresses auront des conséquences désastreuses sur l’agriculture, l’élevage de bétail, l’eau et l’assainissement.

Sécheresse record et crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique : il est possible de mieux prévoir pour agir http://bit.ly/2jf0Ewv
 

Vers une résilience aux sécheresses
Sur le plan régional, les pays d’Afrique de l’Est se sont organisés pour lutter contre les effets des sécheresses récurrentes sévères et d’autres catastrophes naturelles à partir des années 1980. Ils ont notamment créé en 1996 l’autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en Afrique de l’Est, en remplacement de l’autorité intergouvernementale sur la sécheresse et le développement (IGADD) fondée en 1986.
Des efforts plus poussés sont nécessaires, qui mettent l’accent sur la réhabilitation de l’environnement, le développement de l’agroécologie et le développement des nouvelles variétés agricoles, plus résistantes à la sécheresse. Dans la région de Morogoro en Tanzanie, les agriculteurs ont par exemple adopté des cultures résistantes à la sécheresse pour survivre, comme le sorgho et le millet, et diversifié leur activité de subsistance par un emploi salarié ou en fabriquant du charbon de bois et des briques.
Le maintien de la qualité des sols, la gestion de l’eau, la diversification des revenus et le renforcement des institutions locales sont des stratégies d’adaptation importantes qui peuvent renforcer la résilience.
L’absence prolongée de pluies se traduit par une diminution anormale du débit des cours d’eau, des eaux souterraines, des réservoirs et du niveau des lacs. Il est donc urgent de surveiller et de gérer plus efficacement les ressources hydriques afin de renforcer les dispositifs d’alerte précoce.
Pour lutter contre les cycles de sécheresse et contrôler la crise de la faim, la coopération régionale entre les gouvernements locaux et nationaux, les citoyens, les parties prenantes, les scientifiques et les responsables politiques est capitale.

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